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2014.07.25

Cheval mignon et destin de l’artiste

Ceux qui mérite vraiment le nom d’écrivain dépérissent souvent en silence dans cet enfer où l’on respire à peine. D’autres supportent cette souffrance, la revendiquent, se soumettent au destin et ne se rebellent pas lorsqu’ils constatent que la couronne décernée autrefois au poète s’est changée en couronne d’épines. Ce sont mes préférés ; je les révère et je les aime ; je veux compter au nombre de leurs frères. Oui, nous souffrons ; mais ce n’est ni pour protester, ni pour maugréer. Nous étouffons dans l’air irrespirable du monde mécanique et du besoin barbare qui nous entoure. Mais nous ne nous coupons pas du reste ; nous considérons cette souffrance et cette asphyxie comme notre mission, notre épreuve, comme le lot que nous a assigné le destin.
Nous n’adhérons à aucun des idéaux actuels, que ce soit celui des généraux, des bolchéviques, des universitaires ou des industriels, mais nous croyons que l’homme est immortel, que son image peut guérir de toute altération, ressortir purifiée de tout enfer. Notre but n’est pas d’expliquer notre époque, de chercher à la rendre meilleure ou de lui donner des leçons. En dévoilant nos songes et nos souffrances, nous cherchons à lui ouvrir encore et toujours le monde des images, le monde de l’âme. Ces rêves sont en partie des cauchemars, et ces images d’horribles épouvantails. Nous n’avons pas le droit de les embellir ou d’en nier l’existence. Les ”écrivains” qui divertissent le bourgeois le font déjà suffisamment. L’âme humaine est en péril ; elle est au bord de l’abîme, nous ne le cachons pas. Mais nous ne pouvons pas non plus cacher notre foi en l’immortalité.


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Hermann Hesse, Une bibliothèque idéale

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::::::::::::: MA LIFE ::::::::::::::
Je pars vivre trois mois de l’autre côté du Rhin pour faire un stage dans une maison d’édition. Je crois que là bas je trouverai une table pour peindre. J’espère que je trouverai le temps de visiter la Bavière et d’aller au bord de la mer, mais aussi de boire des bières en grande quantité, et de lire beaucoup ! Si je m’améliore assez en allemand, peut-être que je pourrai lire Goethe, Eichendorff, et Novalis dans le texte, et bien d’autres.
Youpi!